Pourquoi j'ai écrit « Exiger la cohérence », et pourquoi je le signe
Depuis quelques mois, un texte circule sur voixducitoyen.fr : Exiger la cohérence, un manifeste de trente-sept chapitres sur la façon dont notre pays est gouverné. Il est en accès libre, en ligne comme en livre numérique. Il a paru sans nom d'auteur. Ce texte, c'est moi qui l'ai écrit.
D'où il vient
D'environ deux ans passés à regarder les décisions publiques de près, dans mon travail comme dans ma vie de tous les jours. À force, on voit revenir les mêmes situations : une administration qui redemande un document qu'elle a déjà, un contrat qu'aucun profane ne peut comparer, une règle appliquée sévèrement d'un côté et avec souplesse de l'autre. Rien de spectaculaire. Une accumulation de petites incohérences qui finit par user tout le monde.
Une question traverse les trente-sept chapitres : pourquoi garder un dysfonctionnement identifié quand on a déjà les moyens de le corriger ?
Chaque chapitre suit la même méthode. Un constat tiré d'une situation ordinaire, des faits sourcés, l'objection la plus solide que je connaisse, une piste de correction et ses limites. Les sources sont publiques et chacun peut les vérifier.
Pourquoi il était anonyme
Au départ, je voulais que ce texte soit lu de la façon la plus neutre possible. Sans nom, on juge les arguments. Avec un nom, on juge aussi la personne : son métier, ses engagements, ce qu'on croit savoir d'elle.
Pourquoi je le signe
J'ai changé d'avis. Ce texte n'est pas neutre, et je ne vois plus l'intérêt de faire comme s'il l'était. C'est ma vision des choses, vue à travers mon prisme. Chacun l'interprétera comme il veut.
Ce que je constate, c'est que la situation du pays ne fait que se dégrader. Et cela tient aux décisions prises, ou à celles qu'on n'a pas prises, depuis plus d'un demi-siècle.
Je ne suis ni un révolutionnaire, ni un anarchiste. Je pense qu'il faudrait changer notre mode de fonctionnement, revoir nos institutions et tout ce qui les entoure, et arrêter de mettre un pansement sur une jambe de bois.
Et je n'ai pas la langue de bois.
Ce que ce texte n'est pas
Il n'est pas un programme : je ne suis candidat à rien et je ne demande aucun suffrage. Il ne vise pas les élus, dont beaucoup travaillent sérieusement dans un cadre qui les contraint. Il n'engage que moi, ni mon employeur, ni les associations dont je fais partie.
Je ne suis ni constitutionnaliste, ni magistrat, ni économiste. Le texte contient sûrement des angles morts et des erreurs. Les corrections argumentées sont lues, vérifiées et intégrées, et le chapitre corrigé porte sa date de mise à jour.
Le lire
Le manifeste se lit gratuitement sur voixducitoyen.fr, chapitre par chapitre, ou d'un bloc en EPUB ou en PDF. Si un chapitre vous fait réagir, en accord ou en désaccord, écrivez-moi par le formulaire du site.
Écrit par Guillaume Morlet — un projet, une réaction, une envie d'échanger ?